Introduction

Le fer est un oligo-élément essentiel à l’organisme, jouant un rôle central dans le transport de l’oxygène ainsi qu’à son utilisation et au fonctionnement de certaines enzymes. Chez les sportifs d’endurance et d’ultra-endurance, les besoins et la gestion du fer prennent une importance particulière, car une carence, même légère, peut impacter directement la performance, la récupération et la santé générale.

Le rôle du fer dans l’organisme

  • Transport de l’oxygène : le fer entre dans la composition de l’hémoglobine, protéine des globules rouges qui assure le transport de l’oxygène.
  • Fonctionnement des muscles : le fer entre dans la composition de la myoglobine (protéine musculaire).
  • Production d’énergie : indispensable aux enzymes de la chaîne respiratoire mitochondriale.
  • Fonctions immunitaires et cognitives : le fer contribue aussi à la résistance aux infections et à la concentration, deux aspects cruciaux pour les efforts prolongés.

 

Spécificités chez les sportifs d’endurance

Les athlètes d’endurance et d’ultra-endurance présentent un risque accru de déficit en fer, dû à plusieurs mécanismes :

  • Hémolyse mécanique (destruction des globules rouges liée aux impacts répétés, par exemple lors de la course à pied).
  • Pertes digestives et urinaires accentuées par l’effort prolongé.
  • Sudation : bien que faible, elle contribue aux pertes cumulées.
  • Augmentation des besoins : la production accrue de globules rouges (érythropoïèse) nécessite davantage de fer.
  • Effet de l’hepcidine : cette hormone, stimulée par l’effort intense et l’inflammation, réduit l’absorption intestinale du fer, en particulier dans les heures suivant l’entraînement.

 

Conséquences d’une carence en fer

  • Fatigue précoce, essoufflement.
  • Diminution de la performance : diminution des capacités aérobiques, baisse de la VO2 max.
  • Altération de la récupération engendrant une augmentation du risque de blessure.
  • Troubles cognitifs : baisse de la concentration, néfastes lors d’épreuves ultra où la vigilance est primordiale.

Prévention et stratégies de prise en charge

  1. Suivi biologique régulier : mesure de la ferritine, du fer sérique, de la transferrine et de l’hémoglobine.
  2. Alimentation adaptée :
    • Sources animales riches en fer héminique (viande rouge, volaille, poisson), mieux absorbé que le fer non-héminique provenant des végétaux.
    • Sources végétales (légumineuses, légumes verts, céréales complètes), dont l’absorption est favorisée par la vitamine C.
    • Limiter les inhibiteurs d’absorption (café, thé, excès de calcium) autour des repas riches en fer.
  3. Supplémentation : uniquement sous contrôle médical, car l’excès de fer peut être toxique.
  4. Stratégies d’entraînement : limiter les séances à jeun répétées et veiller au timing des repas riches en fer pour optimiser l’absorption.

Conclusion

Le fer est un élément fondamental de la performance en endurance et ultra-endurance. Sa carence, fréquente chez les athlètes (notamment féminines), doit être dépistée et corrigée rapidement pour maintenir une oxygénation optimale, une bonne production d’énergie et une récupération efficace. Une approche combinant alimentation équilibrée, suivi médical et ajustement des pratiques d’entraînement permet d’optimiser les réserves en fer et de soutenir la performance sur la durée.